Etude sur les maîtres du sabre japonais – Musashi – 1 (1986) - Maître Kenji Tokitsu

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Etude sur les maîtres du sabre japonais – Musashi – 1 (1986)

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Etude sur les maîtres du sabre japonais – Musashi – 1 (1986)


Portrait présumé de Miyamoto Musashi
dans son âge mûr


Etude sur les maîtres du sabre japonais - 1

A partir de ce numéro, Me Kenji Tokitsu écrira chaque mois un article sur les maîtres de sabre japonais car, pour lui, c'est autour de l'art du sabre que s'est constituée la conception classique des arts martiaux japonais. Dans cette série d'articles, il exposera une analyse et une interprétation des ouvrages des maîtres de sabres qui ont marqué l'histoire du sabre japonais.

Les arts martiaux japonais tels que nous les connaissons aujourd'hui se rattachent à une conception globale qui s'est formée principalement autour de la pratique du sabre. La réflexion sur l'art du sabre que j'entreprends ici n'est donc pas circonscrite à cet art, son propos est le Budo, c'est à dire l'ensemble des arts martiaux japonais.

Précisons tout d'abord que par « sabre japonais », il ne faut pas entendre seulement le kendo. Certes, le kendo moderne ne pourrait pas exister sans la pratique de l'art de sabre des samouraïs. Mais, si vous êtes rigoureux dans le choix des mots, vous ne pouvez pas parler du « kendo » de l'époque des samouraïs car ceux-ci n'utilisaient pas le terme kendo et, ce qui est bien plus important, leur pratique du sabre différait sensiblement du kendo moderne. Au cours de cette série d'articles, je pense pouvoir montrer les différences et les similitudes entre l'art du sabre ancien et le kendo.

Je voudrais tout d'abord présenter un schéma simple de l'évolution de l'art du sabre afin de bien situer, les uns par rapport aux autres, les maîtres de sabre que nous allons étudier.

Les grandes périodes de l'histoire du sabre japonais.
Je distingue quatre grandes périodes dans l'histoire du sabre japonais.

1- La période de formation.
Elle va du milieu de XVe jusqu'au milieu de XVIIe siècle. C'est un moment crucial de la formation et de l'évolution de la voie du sabre. Par la suite, les adeptes de sabre s'y référeront sans cesse. C'est à partir de cette époque que la filiation des principales écoles de sabre traditionnel peut être retracée avec certitude. Et, bien que la plupart d'entre elles se plaisent à rappeler que leurs racines remontent à l'époque Kamakura, ou encore plus loin, la plupart du temps les documents fiables ne vont pas plus loin que le XVe siècle.
Du dernier tiers de XVe jusqu'à la fin de XVIe siècle, le Japon a vécu des guerres continuelles entre les féodaux. C'est dans l'expérience des champs de bataille que les adeptes de cette époque ont forgé les techniques et attitudes de base du sabre. Les techniques de sabre étaient alors relativement simples mais puissantes. Elles étaient utilisées avec une recherche personnelle des techniques les plus efficaces qui s'appuyait sur l'expérience des champs de bataille et des affrontements entre adeptes. L'histoire de Miyamoto Musashi par laquelle nous allons commencer cette chronique en est un exemple.

2- La période « classique ».
Selon mon analyse, la période de fermentation de l'art de sabre s'étend de la deuxième moitié de XVIe siècle jusqu'au début de XIXe siècle. Cette période est pour nous la matrice du Budo et c'est là que nous devons chercher des indications sur le niveau qu'il est possible d'atteindre.
Les Shoguns de la famille Tokugawa ont établi et stabilisé leur pouvoir sur l'ensemble du Japon entre 1600 et 1640. Ils imposèrent un gouvernement fort et assurèrent une longue période de paix qui se prolongea jusqu'au milieu du XIXe siècle. Les samouraïs durent donc s'accoutumer progressivement à leur situation de guerriers en temps de paix.

Au temps des guerres féodales, on pouvait résumer le but de sabre par la formule : « Combien de têtes peut-on trancher ? ». Avec la paix, ce pragmatisme simple va se transformer en une recherche de progression dans l'art de sabre. La voie de l'action leur étant fermée, les adeptes de sabre vont intérioriser leur art avec la recherche de la voie, « do ». L'investissement dans cette recherche sera d'autant plus profond que le « do » trouve une partie de son sens dans les rapports entre le seigneur et ses vassaux. L'objectif est maintenant : « Comment peut-on avancer dans la voie de sabre sans tuer réellement son adversaire ? ». L'art du sabre atteint son sommet vers la fin de cette période.


3- La floraison de l'art du sabre.
Je considère que la troisième période de l'histoire de l'art du sabre va du premier tiers de XIXe jusqu'à la fin de XIXe siècle. L'art du sabre s'épanouit en mettant fin à la période féodale japonaise, celle de sa domination, par la propre force de sabre.
En effet, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le Japon va connaître une période de troubles consécutifs à la menace d'invasion que font peser les puissances occidentales. C'est le moment où les Japonais commencent à prendre conscience de la force des Occidentaux et à chercher les moyens les plus efficaces de s'y opposer. L'attitude et la conscience de la société globale se reflètent dans la manière de pratiquer le sabre. Il va atteindre sa plénitude produisant des étincelles d'acier entre les deux forces des samouraïs, dont l'une défend le Shogunat, l'autre cherche à évincer ce système. Le règne des Shogun a pris fin en 1867 et le nouveau régime, dans sa volonté d'instaurer une puissance militaire et industrielle moderne, a aboli les privilèges des samouraïs. Mais, malgré les difficultés, une partie des samouraïs qui ont survécu aux durs affrontements de la période de transition ont continué la tradition et la pratique du sabre. Ils ont d'abord dû s'habituer à l'interdiction du port de sabre et affronter la tendance alors dominante à la dépréciation de la culture traditionnelle qui supportait leur identité. Le sabre des samouraïs disparaît à la fin de XIXe siècle avec la mort de ceux qui avaient vécu les derniers combats de sabre.

4- Le kendo du début XXe siècle jusqu'à la fin de deuxième guerre mondiale.
La conception et la pratique du kendo moderne ont été élaborées et déterminées vers la fin de l'ère Meiji (1868-1912). Ce que désigne le terme kendo aujourd'hui n'est donc pas exactement ce qu'avaient pratiqué les adeptes de sabre plus anciens. Le terme kendo date de l'ère Meiji, auparavant, divers termes avaient été utilisés pour désigner l'art de sabre, par exemple, Geki-ken, Ken-jutsu, Gei-jutsu, To-jutsu, Ken-po, etc.
Bien que cette période soit courte, son importance est de servir d'intermédiaire entre le kendo pratiqué dans la continuité de l'attitude des samouraïs et le kendo moderne.

5- De 1945 jusqu'à aujourd'hui.
En 1945, les destructions étaient très importantes au Japon et dans l'ébranlement de la défaite, c'est toute la société japonaise qui se trouvait remise en cause. Après la guerre, le Japon a été occupé, la pression des « alliés » était très forte et tous les arts martiaux traditionnels ont été interdits. Les adeptes de karaté ont été les premiers à obtenir l'autorisation de pratiquer leur discipline car ils l'ont alors présentée comme une forme de boxe, ce qui permettait de l'assimiler à un sport : la boxe anglaise. Il n'en allait pas de même pour le kendo, même pratiqué avec des sabres en bambou, il évoquait l'étrangeté barbare du Japon de la guerre. Lorsque le kendo a pu reprendre officiellement, c'est dans une société qui avait changé, et l'esprit de sa pratique a été modifié par l'intégration de l'idée moderne de sport de combat.

Miyamoto Musashi.
Je vais commencer l'étude de l'art des principaux maîtres de sabre en présentant Miyamoto Musashi car il est sans doute, parmi les grands adeptes de sabre, celui dont le nom est le plus familier aux Européens, grâce aux traductions de son traité de sabre « Gorin no sho » (Ecrits sur les cinq roues) et des romans de Eiji Yoshikawa : « La pierre et le sabre » et « La parfaite lumière ».

Miyamoto Musashi était depuis longtemps renommé au Japon mais le roman dans lequel E. Yoshikawa raconte sa vie l'a rendu encore plus célèbre dans le grand public. L'auteur a accentué le versant introspectif du personnage, c'est pourquoi on dit parfois « Yoshikawa Musashi » pour qualifier l'image que le public japonais se fait aujourd'hui de Miyamoto Musashi. Le roman a été publié en feuilletons de 1935 à 1939. Il est, d'une certaine façon, la prise de position de Yoshikawa dans le débat sur les qualités réelles de Miyamoto Musashi qui se développa entre les écrivains japonais au début des années trente.

C'est Naoki, célèbre auteur de romans sur les samouraïs, qui déclencha la polémique en écrivant que Musashi n'atteignit à l'excellence en sabre que quelques années avant sa mort. Il pense que Musashi dans sa jeunesse était seulement expert en auto publicité, et que sa force en sabre n'était pas extraordinaire. Il en prend comme preuve le combat contre Sasaki Kojiro où Musashi a utilisé un sabre de bois afin d'avoir un sabre plus long que celui de Kojiro et a, de plus, retardé volontairement le moment de combat pour énerver son adversaire. Il ajoute que Musashi écrit qu'il a combattu plus de 60 fois dans sa vie mais que la plupart de ses adversaires n'étaient que des samouraïs peu connus. Ce point de vue n'est pas dénué de véracité.


Hyoho Niten Ichi Ryu une partie du style fameux de Miyamoto Musashi :
Juji Uke, blocage en croix du sabre adverse.


Un autre écrivain a contre attaqué en défendant les qualités de Musashi. Le débat s'est élargi, entraînant Eiji Yoshikawa dans la controverse. Ce débat a eu un retentissement important dans la société japonaise car celle-ci se préparait alors pour la Deuxième guerre mondiale et affirmait avec force son identité culturelle japonaise.

Il est toujours possible de développer la controverse à propos du sabre de Miyamoto Musashi puisque celui-ci appartient au passé. Par contre, ses calligraphies, ses peintures à l'encre de Chine et ses sculptures sont parvenues jusqu'à nous ; leur qualité artistique est indéniable et elles sont connues dans l'histoire de l'art japonais. Du point de vue littéraire, le style de son fameux « Gorin no sho » est remarquablement clair et simple en regard de celui des écrits des contemporains et, en ce qui concerne le contenu, seul un grand adepte de sabre a pu l'écrire. Comme l'a écrit Musashi : « En appliquant le principe du sabre aux autres arts, je n'ai plus besoin de maître dans les autres domaines. ». Je pense donc que d'après la qualité de l'ensemble de son oeuvre, il ne pouvait qu'exceller dans l'art du sabre.

Le roman de E. Yoshikawa se termine par le combat de Musashi contre Kojiro à Ganryu-jima, Musashi avait alors 29 ans. C'est le seul moment de la jeunesse de Musashi sur lequel nous possédions des documents précis. Et la popularité, pendant plusieurs générations de l'image de Musashi crée par E. Yoshikawa montre que le romancier a su condenser en lui une image idéale du samouraï à laquelle était attachée la population japonaise.

Mais qui, en fait, était véritablement Miyamoto Musashi ?
Depuis la parution du livre de E. Yoshikawa, plus d'une vingtaine d'ouvrages sur Musashi ont été publiés au Japon. Ma façon de présenter les maîtres de sabre part d'une recherche historique mais diffère du travail des historiens parce que j'interprète les documents à partir de mon expérience de l'art martial pour redonner vie aux grandes figures de l'histoire de mon art et essayer d'en retirer des enseignements pour notre pratique.
La première difficulté que rencontre l'historien en cherchant à identifier le véritable Miyamoto Musashi est que celui-ci a utilisé plusieurs noms au cours des différentes périodes de sa vie, ce qui était habituel dans le milieu des samouraïs de son époque. Comme nom de famille, il emploie selon des périodes et la situation : Hirata, Takemura, Shinmen, Hirao et Miyamoto. A son prénom Musashi, qui était alors un prénom usuel, il attache un suffixe guerrier : tantôt Masana, tantôt Masanobu.

Comment apprécier le sabre de Musashi ?
Pour apprécier justement son art de sabre, il faut bien comprendre qu'à cette époque les rencontres au sabre entre différentes écoles signifiaient, dans la plupart des cas, la mort. La décision de lancer ou d'accepter un défi demandait une extrême prudence. La simple bravoure ne suffisait pas pour survivre à un duel à mort, il fallait le niveau. Il est indéniable que Musashi ne s'est jamais trompé dans l'estimation juste de la force de son adversaire, ce qui lui a permis d'éviter de combattre contre un adversaire capable de le vaincre. Musashi appelle cette perception « mikiri », terme qui lui est particulier. La traduction littérale est « mi » : regarder ou voir, et « kiri » : coupe. Cela veut dire « voir avec une minutie tranchante » ou « aller jusqu'au bout d'un regard » et signifie « discerner l'état des situations ou des choses avec une rigueur tranchante ». Je pense que ce discernement rigoureux caractérise le sabre de Musashi aussi bien que son expression esthétique. S'il juge son adversaire susceptible de lui être supérieur, il évite de combattre. Un discernement d'une rigueur tranchante doit être pour Musashi à la base de la stratégie, individuelle ou collective. En situation de combat à deux, c'est le « mikiri » de trois centimètres qui détermine une prise de « ma », et décide de l'issue du combat. C'est de la justesse du « mikiri » que dépend pour un général le choix judicieux des personnels selon la situation, en temps de guerre ou paix. Le « mikiri » condense en un mot un des enseignements de Sun-Tseu : « Si tu te connais toi-même, et connais ton adversaire, le combat est sûr. »

Miyamoto Musashi avait en effet une conception large de l'art du sabre qui, pour lui, participait de la stratégie des arts martiaux, discipline qu'il nommait « hyôhô ». Pour Musashi être simplement fort individuellement n'avait pas tellement de valeur car il savait bien que la force d'une seule personne est limitée et est même sans importance au cours d'une grande bataille comme celles auxquelles il a participé à plusieurs reprises au cours de sa vie. Il aurait voulu déployer pleinement son talent à une plus grande échelle car il croyait avoir trouvé un principe applicable à tous les phénomènes de la vie humaine. C'est ainsi qu'après l'âge de 30 ans il continua de passer la plus grande partie de sa vie en voyages afin d'approfondir son art. En même temps, il cherchait un seigneur qui puisse le charger d'élaborer des stratégies à une grande échelle. Toutefois la rigueur de Musashi donne parfois une impression inquiétante comme le tranchant de son sabre, cela est encore perceptible dans ses oeuvres d'art. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles il n'a jamais pu obtenir auprès d'un des grands seigneurs féodaux la situation qu'il aurait souhaitée. Personnellement, je suis certain que Musashi était un très grand adepte de sabre. Mais je pense que dans l'histoire de sabre japonais bien d'autres adeptes ont atteint des sommets encore plus hauts.




Le niveau et la profondeur.
Réfléchir à cette question est nécessaire pour un adepte du Budo contemporain car il doit concevoir clairement la grandeur et la hauteur de la montagne qui lui fait face s'il veut véritablement l'escalader. La conscience de la hauteur et de la grandeur de l'objectif est le point de départ obligé de quiconque songe à élaborer une méthode. Comme pour la réflexion linguistique, il est indispensable d'avoir des doubles critères, diachroniques et synchroniques, pour aborder le phénomène du niveau dans les arts martiaux. Ainsi le niveau de Musashi doit être conçu d'abord par rapport à la situation particulière de l'époque où il a vécu. Ses qualités s'affirment en regard de celles de ses contemporains. Il est ensuite nécessaire de situer le niveau atteint par Musashi par rapport aux adeptes qui ont vécu avant et après lui. Pour prendre un exemple, l'art de sabre était bien plus raffiné à la fin de l'époque Edo et certains adeptes voyaient alors l'art de sabre à partir d'un sommet que Musashi ne pouvait pas concevoir. Cela n'a donc pas de sens de se demander : « Qui était le plus fort ? Musashi ou un tel d'une autre époque ? » car l'art de sabre est comme tout autre art, il est susceptible de progresser, d'évoluer et donc aussi de se dégrader selon l'époque et la situation.

Ce qui importe pour nous est, d'une part d'essayer de concevoir la qualité et le niveau d'un adepte dans sa situation historique et, d'autre part de situer ses qualités par rapport à celles qui dominent à d'autres moments historiques, en particulier de les confronter à notre propre situation et à notre pratique. S'il n'y a pas ce double travail, je pense que nous ne pouvons pas réellement tirer bénéfice des éléments historiques pour l'élaboration d'une méthode.
Les critères d'appréciation du niveau en sabre.

La notion de niveau n'est pas simple et les mêmes critères ne peuvent pas être appliqués uniformément à toute l'histoire de sabre. Il me parait indispensable de tracer quelques lignes de démarcation dans cette histoire, afin de tenir compte des particularités du temps dans lequel a vécu chacun des adeptes. Même si la forme est semblable, le contenu du combat n'est pas toujours le même. Je pense que les critères applicables au niveau varient selon que l'on se situe au moment où la formalisation du sabre émergeait des champs de bataille (Musashi a vécu à la fin de cette période), au moment où l'art du sabre a atteint son point de perfection deux siècles et demi plus tard ou aujourd'hui.

Rappelons le combat contre Sasaki Kojiro : Si nous reprenons le roman de E. Yoshikawa, Musashi arrive sur le lieu de combat avec plusieurs heures de retard, ce qui énerve considérablement son adversaire. Dans le contexte du combat de compétition, Musashi aurait été disqualifié et Kojiro vainqueur. Mais Kojiro, qui n'est pas moins fort que Musashi, s'irrite et se voit infliger une défaite. Dans ce roman et dans les autres documents, il est perceptible que Kojiro aurait pu être supérieur quant aux techniques de combat, c'est une des raisons majeures de la ruse de Musashi. En tout cas, Kojiro a perdu une fois, une seule fois. Par une seule défaite, il est envoyé dans le silence éternel ; le talent de Kojiro ne revient plus. Si cela avait été un combat sportif, il aurait pu être vainqueur lors des prochains combats. Et en tirant une bonne leçon de cette expérience, il aurait pu devenir plus vigilant et devenir un adepte sans faille. Il en aurait été de même si Musashi et Kojiro s'étaient battus au shinaï et en armure de protection, ce qui est devenu d'usage un siècle plus tard. A partir du deuxième affrontement, Kojiro aurait pu avoir une chance de gagner et il aurait pu perfectionner son art et laisser une trace importante dans l'histoire. Or, par une seule faute d'un instant, toutes ces suppositions deviennent vaines. Tel était le contexte du combat au temps de Musashi.

Pour comprendre les ouvrages de Musashi, il faut d'abord comprendre que Musashi a créé et forgé son art dans cette situation. Il a écrit plusieurs ouvrages au cours de sa vie. Très jeune, à l'âge de 22 ans, il écrit « Hyo do kyo » (le miroir de la voie martiale), il y note 28 savoirs essentiels pour l'art de sabre. Plus tard, il écrit « Hyoho sanju-go ka jo » (35 articles sur l'art de sabre), c'est un ouvrage qui prépare le « Gorin no sho » et présente une grande similitude avec celui-ci. Musashi a mis vingt mois à écrire le « Gorin no sho » et il est mort une semaine après l'avoir terminé en 1645. Il avait alors 62 ans.

Les textes de Musashi sont beaucoup plus clairs que ceux de ses contemporains mais la signification de chaque mot a une épaisseur telle que le sens est déformé si nous cherchons à établir une correspondance mot à mot avec une langue autre que le japonais. C'est pourquoi je vais tenter de présenter le « Gorin no sho » en apportant quelques commentaires nécessaires à sa compréhension, cela à partir d'autres documents et de ma réflexion et de ma pratique de Budo.
Nous allons examiner à partir du prochain numéro l'art de Musashi qu'il désigne du terme « Hyôhô » (méthode de stratégie).

Document d'archive écrit en 1986 par Kenji Tokitsu - publié dans Bushido - arts martiaux d'aujourd'hui


 
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